The Six Surviving Ru Kiln Narcissus Basins: Beauty, Rarity, and Mystery

Les six bassins narcissiques Ru Kiln qui subsistent : beauté, rareté et mystère

Parmi les trésors de la céramique chinoise, la porcelaine Ru bénéficie d'un statut presque mythique. Produite pendant seulement quelques décennies sous la dynastie des Song du Nord (960-1127), la porcelaine Ru était réservée à la cour impériale et est réputée pour son glaçage couleur «ciel après la pluie» semblable au jade. Parmi ses formes les plus rares encore existantes figure le bassin à narcisses ovale à quatre pieds courtsun objet si rare que seuls six exemples authentiques sont connus aujourd'hui.

1. Le bassin du musée provincial du Jilin, Chine

Conservé au musée provincial du Jilin, ce bassin est l'un des plus beaux exemples de cette forme.

Savoir-faire : Il présente le corps ovale caractéristique avec quatre pieds trapus, entièrement recouvert d'une glaçure céladon-bleu lumineuse.

Motif craquelé : De fines craquelures en « pince de crabe » se répandent sur la surface, une caractéristique de l'effet de craquelure naturelle de la porcelaine Ru.

Lien impérial : Comme la plupart des porcelaines Ru existantes, elle fut presque certainement produite pour la cour des Song du Nord, symbolisant le goût raffiné de l'époque.

2-5. Les bassins du musée du palais de Taipei, Chine

Le Musée national du Palais de Taipei abrite quatre bassins à narcisses, ce qui en fait la plus grande collection de cette forme. Parmi eux, une pièce se distingue comme étant véritablement exceptionnelle :

Le bassin unique sans craquelures et non émaillé

Unique en son genre : Contrairement à presque toutes les autres porcelaines Ru, qui présentent des craquelures visibles dans la glaçure, ce bassin est complètement lisse et sans craquelures, ce qui en fait le seul bassin Ru « impeccable » connu à ce jour.

Datation : Les spécialistes le datent du règne de l'empereur Huizong (1086-1106), il y a environ 1 000 ans.

Technique : Formé au moule, sans aucune jointure visible, il témoigne de la précision des artisans Song.

Le mystère de sa fonction

Était-il vraiment destiné à l'arrangement des fleurs de narcisses, comme son nom l'indique ? Les preuves racontent une histoire plus curieuse :

En 1761, l'empereur Qianlong de la dynastie Qing a inscrit un poème sur sa face inférieure, l'appelant une « gamelle pour un carlin ».

En 1773, les fonctionnaires de la cour suggérèrent qu'il s'agissait plutôt d'une écuelle pour chats.

Malgré ces remarques, Qianlong lui-même le reconnut comme une relique impériale des Song du Nord, bien trop raffinée pour être une simple écuelle pour animaux de compagnie.

Ce débat a alimenté des siècles de spéculations. Qu'il ait été conçu comme un vase à fleurs, un bassin d'usage quotidien ou simplement un objet décoratif, son aura de mystère ne fait qu'approfondir sa valeur culturelle.

6. Le bassin du musée de la céramique orientale d'Osaka, Japon

La dernière pièce subsistante se trouve au Musée de la céramique orientale d'Osaka, au Japon.

Provenance : Probablement apportée au Japon il y a plusieurs siècles par des collectionneurs qui considéraient la céramique Ru comme le summum de l'art céramique chinois.

Caractéristiques esthétiques : Sa glaçure présente la subtile tonalité bleu-vert que les lettrés Song comparaient à « la couleur du ciel après la pluie ». Le délicat motif de craquelures reflète à la fois les processus naturels de cuisson et le passage du temps.

L'énigme du « bassin à narcisses »

Le terme « bassin à narcisses » suggère un récipient pour l'arrangement floral, pourtant les archives de la dynastie Song ne confirment jamais explicitement cette utilisation. Les réinterprétations de la dynastie Qing — comme gamelles pour animaux de compagnie — ajoutent une couche supplémentaire d'intrigue.

Peut-être ces récipients étaient-ils polyvalents, utilisés parfois pour les plantes, parfois comme contenants raffinés, ou purement comme luxes décoratifs pour la cour. Ce qui reste certain, c'est que leur maîtrise artistique, leur rareté et leurs associations impériales en font certains des artefacts les plus précieux de l'histoire de la céramique chinoise.

Seuls six bassins à narcisses en porcelaine Ru subsistent aujourd'hui — un à Jilin, quatre à Taipei et un à Osaka. Chacun est une fenêtre sur la sophistication de la vie de cour des Song du Nord, incarnant à la fois la maîtrise technique des fours Ru et l' imagination culturelle des dynasties ultérieures.

Qu'il s'agisse d'un bassin à fleurs, d'une écuelle pour animaux de compagnie ou d'un trésor impérial, ces bassins nous rappellent que la valeur d'un objet ne réside pas seulement dans sa forme matérielle, mais aussi dans les histoires et les mystères qu'il porte à travers les siècles.

 

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